Modèle

Modèle Story Circle

Dernière mise à jour 9 min de lecture

Dan Harmon, le créateur de Community et de Rick and Morty, a pris le Voyage du Héros de Joseph Campbell, retiré le vocabulaire mystique, et l'a ramené à huit étapes disposées en cercle. Il s'en est servi pour planifier presque chaque épisode de deux séries télévisées au long cours. C'est l'un des outils de planification les plus efficaces jamais conçus, et s'il fonctionne, c'est parce qu'il vous force à articuler le mouvement psychologique du protagoniste autant que les événements extérieurs.

Le Story Circle a la forme d'une horloge. Le protagoniste part du sommet (Étape 1 : un personnage se trouve dans une zone de confort), avance dans le sens des aiguilles d'une montre à travers la descente, le changement et le retour, et revient là où il a commencé, transformé. La forme circulaire n'est pas décorative. C'est l'enjeu. Vous quittez la maison ; vous traversez des épreuves ; vous rapportez quelque chose ; et ce que vous rapportez transforme la maison à laquelle vous êtes revenu.

Ce modèle vous guide à travers les huit étapes, explique ce que chacune accomplit, et vous aide à cartographier votre histoire sur le cercle. Il fonctionne pour les épisodes, les nouvelles et les romans. Il s'adapte à l'échelle : vous pouvez l'utiliser pour planifier une sitcom de 22 minutes ou un livre de 400 pages.

Étape 1 : Vous (un personnage se trouve dans une zone de confort)

Installez votre protagoniste dans sa zone de confort. « Confort » ne signifie pas heureux. Cela signifie familier. Le protagoniste peut être malheureux, seul ou coincé, mais ce malheur est de celui qu'il sait gérer. Il a fait la paix avec, même si cette paix est miteuse. C'est l'équilibre que l'histoire s'apprête à bousculer.

La zone de confort nous dit qui est le personnage et ce qu'il protège. Elle crée aussi le contraste à l'aune duquel la transformation de l'histoire sera mesurée. Un personnage dont la zone de confort est « rester seul dans un appartement tranquille entouré de livres à moitié lus » entreprend un voyage différent de celui dont la zone de confort est « boire avec les trois mêmes amis dans le même bar tous les vendredis ».

À écrire ici : Décrivez la vie actuelle du protagoniste. Quelle est la paix tue qu'il a faite avec sa situation ? Quel est le coût de cette paix ?

Étape 2 : Besoin (il veut quelque chose)

Le confort du protagoniste est troublé par un désir. Il veut quelque chose qu'il n'a pas encore : amour, savoir, justice, liberté, vengeance, l'approbation d'un parent, un sandwich. Le désir peut être mesquin ou monumental. Ce qui compte, c'est qu'il soit assez précis pour pousser à l'action.

Harmon distingue le désir conscient (ce que le protagoniste dirait vouloir si on lui posait la question) du besoin inconscient (ce qu'il doit en réalité acquérir pour être entier). Les deux sont généralement différents. Le désir est « Je veux la promotion ». Le besoin est « Je veux cesser de mesurer ma valeur par mon titre ». Une bonne histoire en délivrera un et pas l'autre, et la différence entre les deux est le moteur de l'arc.

À écrire ici : Articulez le désir conscient comme une phrase que le protagoniste pourrait prononcer. Articulez le besoin inconscient séparément. Comment la différence entre les deux va-t-elle créer des complications ?

Étape 3 : Aller (il entre dans une situation inconnue)

Le protagoniste franchit un seuil. Il pénètre dans un nouveau contexte où les règles de la zone de confort ne s'appliquent plus. La situation inconnue peut être un nouveau lieu littéral (une nouvelle ville, la maison d'un étranger, une forteresse ennemie) ou un lieu psychologique (une nouvelle relation, un nouveau rôle, une nouvelle responsabilité).

Le « inconnu » est important. Le protagoniste ne doit pas arriver équipé pour gérer cette situation. Il doit se sentir hors de sa profondeur : exalté, désorienté ou terrifié, mais résolument pas à l'aise. C'est la section où les anciennes habitudes du protagoniste commencent à échouer et où il se met à en chercher de nouvelles.

À écrire ici : Quelle est la situation inconnue ? Qu'est-ce qui la rend inconnue : physiquement, socialement, émotionnellement ? Quelle ancienne compétence cesse de fonctionner ?

Étape 4 : Chercher (il s'y adapte)

Le protagoniste essaie d'obtenir ce qu'il veut en s'adaptant au nouveau monde. Il en apprend les règles, noue des alliances, expérimente, échoue, recommence. C'est l'essentiel du deuxième quart de l'histoire, et c'est là que vivent la plupart de l'action et du plaisir de surface du récit.

Le protagoniste semblera progresser ici. Il se rapproche du désir, acquiert des compétences, constitue une équipe, paraît compétent. Le lecteur doit croire le désir atteignable. Cette croyance est ce qui fera atterrir l'Étape 5.

À écrire ici : Qu'essaie le protagoniste ? Qu'est-ce qui fonctionne, qu'est-ce qui échoue ? Quels alliés rallie-t-il, et que lui apportent-ils ?

Étape 5 : Trouver (il obtient ce qu'il voulait)

Le protagoniste obtient ce qu'il voulait. La promotion est proposée, l'être aimé dit oui, l'ennemi est vaincu, le trésor est trouvé. C'est souvent le point médian de l'histoire, et c'est presque toujours une fausse victoire.

L'intuition de Harmon ici est qu'obtenir ce qu'on veut ne revient généralement pas à obtenir ce dont on a besoin. Le protagoniste atteint le désir conscient et découvre que la satisfaction est creuse, conditionnelle, contaminée ou temporaire. La forme de l'histoire est sur le point de s'inverser. À partir de ce point, le protagoniste va commencer à payer pour ce qu'il a obtenu.

À écrire ici : Que le protagoniste obtient-il ? En quoi n'est-ce pas ce qu'il espérait ? Que se révèle-t-il maintenant sur son véritable coût ?

Étape 6 : Prendre (il en paie le prix fort)

Le prix de la victoire arrive à échéance. Tout ce que le protagoniste a fait pour obtenir ce qu'il voulait a des conséquences qu'il n'avait pas anticipées. Il a lésé quelqu'un, trahi quelque chose, s'est exposé, ou a mis en mouvement une force qu'il ne peut contrôler. La facture arrive, et il ne peut pas la payer sans perdre quelque chose dont il n'avait pas mesuré l'importance.

C'est le jumeau structurel des beats « Les méchants se rapprochent » et « Tout est perdu » de Save the Cat, compressés en une seule étape. La situation du protagoniste se détériore rapidement. Les alliés changent de camp ou disparaissent. Le mensonge qu'il s'est raconté devient impossible à tenir. À la fin de cette étape, le protagoniste devrait être au plus bas qu'il n'ait jamais été, non parce que l'univers est cruel, mais parce que ses propres choix l'ont rattrapé.

À écrire ici : Quel est le prix que paie le protagoniste pour avoir obtenu son désir ? Que cela révèle-t-il sur celui qu'il a été ? Qu'est-ce qui lui est arraché dans le processus ?

Étape 7 : Revenir (il retourne à sa situation familière)

Le protagoniste retourne au monde d'où il est parti, mais il rapporte quelque chose avec lui : une compréhension durement acquise, un outil, une relation, un sens renouvelé de qui il veut être. Cette étape est parfois confondue avec le climax. Elle ne l'est pas. C'est le mouvement structurel qui rend le climax possible. Le protagoniste réintègre le contexte familier en portant tout ce qu'il a appris dans l'inconnu.

« Situation familière » ne signifie pas toujours la maison au sens littéral. Cela peut vouloir dire revenir à une relation qu'on avait quittée, à une ville qu'on avait fuie, à un rôle qu'on avait abandonné, ou simplement à un état d'esprit qu'on avait dépassé. Le point essentiel est que le protagoniste est désormais en position d'appliquer ce qu'il a appris là où cela compte le plus.

À écrire ici : Comment le protagoniste revient-il : physiquement, relationnellement, psychologiquement ? Que rapporte-t-il avec lui ?

Étape 8 : Changer (ayant changé)

Le protagoniste démontre le changement. Il fait un choix, accomplit une action, dit une vérité ou refuse une tentation qui prouve que le voyage a été réel. Le changement ne se déclare pas ; il se montre. Le lecteur voit le nouveau soi agir là où l'ancien soi ne l'aurait pas pu.

C'est le climax. Tout ce que le protagoniste a appris converge en un seul instant décisif. Après cela, le monde se rétablit à un nouvel équilibre : la nouvelle « zone de confort » que l'Étape 1 promettait implicitement. Le personnage se retrouve au sommet du cercle, mais le sommet du cercle n'est plus le même endroit qu'au début.

À écrire ici : Quelle action ou quel choix précis démontre le changement ? En quoi le nouvel équilibre diffère-t-il de l'original ? Quelle est l'image finale qui le prouve ?

Les charnières du demi-cercle

Harmon souligne souvent que le cercle possède deux axes naturels : l'axe vertical (confort en haut, descente en bas) et l'axe horizontal (familier à gauche, inconnu à droite). Certains auteurs trouvent utile de réfléchir à l'axe que leur histoire met le plus en avant. Une histoire de départ se déplace principalement sur l'horizontale. Une histoire d'effondrement et de reconstruction d'un personnage se déplace principalement sur la verticale.

Si votre brouillon vous semble décalé, demandez-vous : quelle moitié du cercle fait trop de travail, et laquelle est sautée ? Une Étape 7 (le retour) insuffisamment cuite est de loin le problème le plus courant du Story Circle. Le protagoniste vainc le dragon et l'histoire s'arrête, mais le changement n'a pas encore été ramené à l'endroit qui en avait besoin.

Comment personnaliser ce modèle

  • Pour les épisodes de télévision : Le Story Circle a été conçu pour la télévision épisodique, et c'est à cette échelle qu'il brille. Un épisode de 22 ou 44 minutes peut confortablement frapper les huit étapes. Utilisez le cadre pour chaque épisode tout en laissant l'arc de la saison porter son propre Cercle plus large.
  • Pour les nouvelles : Compressez le milieu. Les Étapes 3 à 5 peuvent fondre en une seule scène prolongée. Le Cercle fonctionne toujours, il tourne simplement plus vite.
  • Pour les romans : Traitez le Cercle comme un squelette au niveau du chapitre. Chaque étape reçoit plusieurs scènes. Soyez généreux avec l'Étape 4 (la recherche) et l'Étape 6 (le prix), car c'est là que les romans gagnent leur longueur.
  • Pour les récits choraux : Chaque personnage majeur peut suivre son propre Cercle, les étapes calées de sorte que les moments bas et hauts des personnages s'entrelacent. C'est ainsi que la télévision de prestige répartit la tension sur une large distribution.
  • Pour les arcs négatifs : Le Cercle fonctionne toujours, mais l'Étape 8 s'inverse. Le protagoniste rentre sans avoir changé, ou ayant changé dans la mauvaise direction. Le nouvel équilibre est pire que l'ancien. La version tragique du Cercle est aussi structurellement complète que la version positive.
Tracez votre histoire sur le diagramme de Plotiar. Disposez les huit étapes en nœuds connectés, rattachez un document de scène à chacune, et regardez le cercle se refermer à mesure que votre histoire prend forme. Essayez gratuitement.

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