Modèle

Modèle Logline

Dernière mise à jour 8 min de lecture

Une logline, c'est une phrase qui résume toute l'histoire. C'est la phrase la plus difficile que vous écrirez pour votre livre, et c'est aussi celle dont vous vous servirez le plus. Les agents la demandent. Les éditeurs la demandent. Les libraires, les journalistes, les podcasteurs, votre tante à Noël : tous la demandent. Et dans le petit théâtre intime de votre propre processus d'écriture, la logline est la réponse à la question « De quoi parle vraiment cette histoire ? ». Si vous ne parvenez pas à écrire une logline propre, l'histoire qu'elle recouvre ne sait peut-être pas encore elle-même ce qu'elle est.

Ce modèle vous propose un cadre pour en écrire une, éprouvé sur les loglines les plus courantes de la fiction publiée et du cinéma hollywoodien. Le but n'est pas de formuler une phrase parfaite du premier coup. Le but est d'utiliser la formule comme une contrainte forçante : elle fera remonter à la surface les hypothèses de votre histoire que vous n'aviez pas encore articulées.

Une logline qui fonctionne accomplit quatre choses simultanément : elle identifie le protagoniste, l'élément déclencheur, l'objectif et les enjeux. Cela fait beaucoup à caser dans une phrase. Le modèle vous guide à travers chaque pièce séparément, puis vous aide à les assembler.

La formule de base

La formule de logline la plus fiable en usage courant est la suivante :

Lorsque [élément déclencheur], un [protagoniste avec un attribut distinctif] doit [poursuivre un objectif précis] avant que [enjeux / force antagoniste].

Ce n'est pas la seule formule, et ce n'est pas une loi. Mais c'est celle à laquelle se ramènent la plupart des loglines fonctionnelles une fois dépouillées de leurs fioritures rhétoriques. Maîtrisez d'abord cette version ; une fois que vous saurez produire une logline opérationnelle de façon fiable, vous pourrez expérimenter des variations.

Élément 1 : le protagoniste

Le protagoniste apparaît dans la logline sous la forme d'un syntagme nominal, généralement avec un ou deux adjectifs qui définissent le rôle du personnage dans cette histoire. Le prénom n'a presque jamais d'importance au stade de la logline. Ce qui compte, c'est l'identité structurelle.

  • « Un sorcier orphelin » en dit plus que « Harry ».
  • « Une biologiste marine veuve » en dit plus que « Anna ».
  • « Un chirurgien déchu » en dit plus que « Tom ».

L'attribut distinctif doit suggérer la position émotionnelle de départ du protagoniste ou son rôle social. Il signale le type d'arc de personnage que le lecteur peut attendre.

Ce qu'il faut écrire ici : Votre protagoniste sous forme de syntagme nominal. Deux attributs maximum. Les attributs doivent suggérer ce que l'histoire va mettre à l'épreuve ou transformer.

Élément 2 : l'élément déclencheur

L'élément déclencheur est l'événement qui perturbe la vie normale du protagoniste et met l'histoire en mouvement. Il doit être précis, extérieur et indubitable.

Comparez :

  • Vague : « Lorsque sa vie est bouleversée... »
  • Précis : « Lorsque son mari disparaît le matin de leur dixième anniversaire de mariage... »

La version précise vous dit exactement quand l'histoire commence et de quoi elle parle. La version vague pourrait être n'importe quelle histoire.

Ce qu'il faut écrire ici : L'élément déclencheur en une proposition précise. Si vous ne pouvez pas pointer un événement concret dans l'histoire, votre élément déclencheur n'est pas encore assez aiguisé.

Élément 3 : l'objectif

L'objectif est ce que le protagoniste poursuit activement dans l'histoire. Il doit être assez concret pour pouvoir réussir ou échouer. « Se trouver elle-même » est trop abstrait. « Retrouver sa sœur » est concret.

L'objectif doit aussi être visible pour le lecteur. Si l'objectif de votre protagoniste est « faire son deuil », vous avez un arc intérieur mais pas un objectif au niveau du récit. Associez le désir intérieur à une action extérieure qui le dramatise. « Retrouver sa sœur » peut être l'objectif de surface ; « faire son deuil » est ce que cette recherche permet d'accomplir. Les loglines appartiennent au niveau de l'objectif de surface.

Ce qu'il faut écrire ici : L'objectif extérieur sous forme de proposition verbale. « Gagner le procès. » « Sauver le prisonnier. » « Démasquer le complot. » « Gagner sa confiance. » Actif. Précis. Visible.

Élément 4 : les enjeux

Les enjeux répondent à la question implicite du lecteur : « Que se passe-t-il si le protagoniste échoue ? » Sans enjeux, l'objectif ne porte aucune urgence. Le lecteur n'a aucune raison de continuer à tourner les pages, parce que le coût de l'échec reste indéfini.

Les enjeux peuvent être :

  • Personnels : Une relation, une image de soi, un mode de vie.
  • Physiques : Blessure, mort, perte de liberté.
  • Sociaux : Réputation, position dans la communauté, lien familial.
  • Existentiels : Une croyance, une foi, un sens du sens.

Les meilleures loglines combinent souvent plusieurs enjeux : « avant qu'elle ne perde à la fois le procès et son dernier lien avec son frère » porte simultanément un poids personnel et professionnel.

Ce qu'il faut écrire ici : Le coût de l'échec, en termes concrets. Évitez « tout est en jeu » : cette phrase est la mort de toute logline.

Élément 5 : la force antagoniste

Dans bien des loglines, les enjeux et la force antagoniste se fondent en une seule proposition. « Avant que son père ne sorte du coma et ne découvre l'argent manquant » fournit à la fois les enjeux (la découverte) et la force antagoniste (le père, indirectement ; l'horloge, directement).

La force antagoniste est ce qui s'oppose à l'objectif. Ce n'est pas forcément un méchant. Cela peut être un système, une échéance, un lieu, une force de la nature, le défaut propre du protagoniste, ou une autre personne dont l'objectif entre en conflit avec le sien.

Ce qu'il faut écrire ici : La force antagoniste dans la proposition, même implicite. Une logline sans force adverse paraît statique.

Assembler la logline

Mettez les pièces ensemble. Partez de la formule, puis assouplissez la syntaxe jusqu'à ce qu'elle se lise naturellement.

Exemple (à partir de la formule) :

Lorsque son mari disparaît le jour de leur anniversaire de mariage, une biologiste marine veuve doit le retrouver avant que sa disparition ne soit officiellement classée comme suicide.

Exemple (assoupli, plus naturel) :

Une biologiste marine dont le mari s'évanouit dans la nature le matin de leur dixième anniversaire dispose de quarante-huit heures pour le retrouver avant que la police ne classe l'affaire.

Les deux versions transmettent la même information. La seconde sonne davantage comme une accroche marketing. La première est un meilleur outil de diagnostic. Servez-vous de celle qui vous est la plus utile.

Tester la logline sous pression

Une fois que vous avez un brouillon, posez-vous les questions suivantes :

  • Le protagoniste est-il actif ? Les loglines construites sur des protagonistes passifs (« lorsque sa vie est bouleversée par... ») signalent des histoires où les choses arrivent aux personnages plutôt que par eux. Réécrivez pour placer le protagoniste au volant.
  • L'objectif est-il visible ? Le lecteur peut-il imaginer le protagoniste en train de le poursuivre ? Si l'objectif est intérieur, vous n'avez pas encore trouvé l'externalisation qui rendra l'histoire dramatique.
  • Les enjeux sont-ils précis ? « Elle pourrait tout perdre » n'est pas un enjeu. « Elle pourrait perdre la garde de sa fille » en est un.
  • Cette logline pourrait-elle ne décrire que votre histoire ? Si vous pouvez remplacer votre protagoniste par un autre personnage et que la logline tient toujours, vous n'avez pas encore identifié ce qui distingue votre histoire.
  • La logline donne-t-elle au lecteur l'envie de savoir ce qui va se passer ? Le test honnête. Lisez-la à voix haute à quelqu'un qui ne connaît pas le projet. Les sourcils se lèvent-ils ? Sinon, continuez à couper.

Variations courantes de logline

Une fois la formule de base solide, vous pouvez expérimenter sur la forme.

  • Mise en place + question : « Un tueur à gages à la retraite est engagé pour un dernier contrat. Ce qu'il ignore, c'est que la cible est sa fille dont il est séparé. » Structure en deux phrases qui fonctionne bien pour le thriller et le polar noir.
  • Appui sur l'ironie : Mettez en avant la contradiction au cœur de l'histoire. « La plus grande détective de Paris est une pickpocket qui ne se souvient pas de son propre nom. »
  • Révélation en miroir : Deux moitiés parallèles qui se referment l'une sur l'autre. « Deux frères, une mort, une dissimulation, un été. »
  • Forme courte à haut concept : Lorsque le pitch lui-même vend l'histoire. « Jurassic Park, mais avec des dragons. » À utiliser avec parcimonie : cela ne fonctionne que lorsque le pitch d'ascenseur est véritablement l'accroche.

Comment personnaliser ce modèle

  • Pour les romans : Utilisez la logline comme première phrase de votre lettre de présentation et comme colonne vertébrale de votre synopsis. Chaque brouillon de votre roman doit être testé contre la logline : si une décision majeure d'intrigue contredit la logline, décidez laquelle des deux doit changer.
  • Pour les scénarios : Les loglines sont ici non négociables. Passez plus de temps sur la logline que sur n'importe quel autre document de planification. Une logline faible coulera un scénario par ailleurs solide au stade de la prospection.
  • Pour les nouvelles : La logline devient le pitch d'ascenseur. Compressez davantage : visez 15 à 20 mots. Les loglines de fiction courte s'appuient fortement sur l'ironie et le concept.
  • Pour les séries : Écrivez une logline au niveau de la série et une logline au niveau du livre. La logline de la série décrit le voyage macro ; celle du livre décrit l'épisode en cours. Les deux doivent passer les mêmes tests sous pression.
  • Pour la non-fiction : La formule plie mais tient. Remplacez « protagoniste » par « thèse » et « objectif » par « intervention ». Une logline de non-fiction dit au lecteur à quelle question le livre répond et ce qui change s'il le lit.
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