Mary Sue
Personnage — souvent perçu comme un avatar de fantasme de l'auteur — si parfait, si universellement aimé et si capable sans effort que la tension de l'histoire s'effondre autour de lui.
Dernière mise à jourLe terme Mary Sue est apparu en 1973 dans une parodie de fan fiction de Star Trek écrite par Paula Smith, où une enseigne de quinze ans et demi prénommée Mary Sue est universellement adorée, instantanément compétente, et meurt d'une mort tragique et belle qui pousse l'équipage entier à la pleurer. L'étiquette s'est depuis élargie pour désigner tout personnage dont les capacités, la beauté ou l'autorité morale sont si amplifiées que le récit se plie autour de lui plutôt que de le mettre à l'épreuve. Les équivalents masculins (Gary Stu, Marty Stu) suivent le même modèle. Une Mary Sue n'est pas simplement un personnage antipathique ou trop puissant ; le trait diagnostique est que le conflit ne peut pas le menacer de manière significative, et que les autres personnages cessent d'exister comme des êtres autonomes pour graviter autour du protagoniste comme admirateurs, validateurs ou obstacles commodes.
Les personnages Mary Sue partagent souvent des traits reconnaissables : ascendance rare ou unique, beauté physique exceptionnelle (souvent décrite comme atypique mais universellement remarquée), maîtrise de plusieurs compétences avec peu d'entraînement, confiance ou intérêt romantique immédiats de la part de personnages déjà établis, et soit aucun défaut, soit des défauts qui sont eux-mêmes charmants ("trop compatissante", "trop dévouée au travail"). La critique a soutenu que l'étiquette est sur-appliquée — en particulier aux protagonistes féminines comme Rey dans Star Wars : Le Réveil de la Force, alors que des héros masculins comparablement doués, comme Luke Skywalker, échappent au même examen — et la conversation autour du terme fonctionne désormais autant comme un débat sur les habitudes de lecture genrées que comme un diagnostic d'écriture. Utilisé avec soin, cependant, le concept reste un raccourci utile pour nommer un mode de défaillance réel et identifiable dans l'écriture des personnages.
Pour soumettre votre protagoniste à un test de résistance, posez trois questions : Que ne sait-il pas faire, et cette limite est-elle visible tôt et souvent ? Que lui coûte chaque réussite — en temps, en relations, en corps, en principes ? À quel désaccord l'histoire est-elle prête à donner du poids, et ce désaccord est-il jamais reconnu comme fondé ? Un personnage peut être exceptionnellement talentueux, beau ou vertueux et tout de même éviter le piège Mary Sue si le monde lui oppose une véritable friction, si ceux qui l'entourent ont des vies intérieures qui ne tournent pas autour de l'admirer, et si ses dons s'accompagnent de coûts réels. L'auto-insertion et le fantasme ne sont pas mauvais en soi — beaucoup de personnages très aimés ont commencé comme une rêverie de leur auteur — mais ils ont besoin de la discipline de la conséquence. Faites en sorte que votre protagoniste mérite ce que les lecteurs aiment chez lui, et laissez l'histoire, de temps à autre, refuser de le flatter.